
Pour en finir avec la culpabilité
Comprendre la culpabilité pour s'en libérer
Les sentiments de culpabilité peuvent littéralement pourrir l’existence. D’où l’intérêt de s’en affranchir. Mais attention, tous les chemins ne mènent pas au mieux-être escompté.
Tout d’abord, il importe de distinguer deux types de culpabilité :
- La culpabilité saine, qui se manifeste lorsque nous avons réellement causé un préjudice à autrui. Elle est utile et nous pousse à respecter les règles de la société.
- La culpabilité morbide, qui est une sorte d’excroissance gangréneuse de la première et qui fait feu de tout bois. C’est elle qui peut gâcher la vie. Par exemple, certains individus se culpabilisent d’être beaux, d’avoir un métier intéressant, de ne pas être parfaits ou simplement de se faire plaisir.
Une prise de responsabilité exagérée
La culpabilité morbide renvoie toujours à une prise de responsabilité exagérée. Prenons un exemple : une femme rencontre un collègue qui l’invite à boire un verre. En rentrant chez elle, son conjoint lui fait une scène de jalousie. Si elle se sent coupable, c’est qu’elle assume une part de responsabilité dans la crise de jalousie de son mari.
Or, elle n’a aucune responsabilité dans l’affaire. En effet, chacun est responsable de ses choix, qu’il s’agisse d’actes, de pensées ou d’émotions. C’est bien le mari qui décide de s’adonner à la jalousie (de se jouer le scénario catastrophe) plutôt que de passer ce moment à bricoler, à préparer un bon repas à sa femme ou encore de rencontrer un ami.
Celui-ci ne manquera certainement pas de la culpabiliser : « Pourquoi me fais-tu ça ? Tu sais que je n’aime pas quand tu vois d’autres hommes. Promets-moi d’y renoncer à l’avenir ! ». Il passe sous silence sa propension à la jalousie et il met toute la faute sur sa femme.
D’ailleurs, culpabiliser signifie : rendre responsable.
Rendre l'autre responsable
Pourquoi cette femme tombe-t-elle dans le piège ? Pourquoi assume-t-elle des responsabilités qui ne lui incombent pas ? L’éducation y est certainement pour beaucoup, les parents ayant souvent culpabilisé leurs enfants à coup de paroles maladroites : « Arrête, tu va me rendre fou », « Je suis éreintée par ta faute » ou plus simplement « Tu m’énerves ».
Mais ce n’est pas tout : la culpabilité nous protège d’un terrifiant sentiment d’impuissance !
"la culpabilité nous protège d’un terrifiant sentiment d’impuissance !"
Mieux coupable qu’impuissant !
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Dans notre exemple, Madame se culpabilise d’avoir causé une crise de jalousie chez son conjoint.
Elle se dit qu’en renonçant à rencontrer d’autres hommes, elle évitera à coup sûr la jalousie de son mari. Or, il n’en est rien. La crise de jalousie peut être totalement indépendante de son comportement. Par exemple, si le mari découvre un cheveu étranger sur l’habit de sa femme, si celle-ci affiche une bonne humeur sans raison apparente, etc.
On peut même imaginer une scène de jalousie après que sa femme lui a dit avoir refusé d’aller boire un verre avec le collègue (« Quoi ! Il a osé t’inviter ! Je suis sûr que tu le trouves charmant… »).
En réalité, quoi que fasse la femme, le mari peut déclencher sa jalousie. Elle est donc totalement impuissante devant les réactions de son conjoint.
C’est là qu’intervient sa culpabilité : en se sentant coupable, elle se rend responsable de sa jalousie, elle se convainc que tout ça est de sa faute, qu’elle a donc du pouvoir sur les émotions de son mari, ce qui est rassurant.
Renoncer au pouvoir
Lorsqu’on travaille sur la culpabilité, on découvre qu’elle est indissociablement liée à des sentiments de toute-puissance.
La première est consciente, alors que les seconds sont inconscients, mais ils vont toujours de pair, même si cela paraît choquant.
Ainsi, pour se libérer de la culpabilité morbide, il convient d’abord de renoncer au pouvoir que l’on croit détenir. Concrètement, il s’agit de laisser les autres assumer les responsabilités qui leur incombent.
Y.A. Thalmann
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Egalement titulaire d'un doctorat en physique des particules, il exerce actuellement en Suisse comme formateur, consultant et conférencier en relations humaines et en compétences interpersonnelles.
Il est auteur de nombreux livres, dont le très apprécié "Au diable la culpabilité !" paru aux Éditions Jouvence. Pour en savoir plus, rendez-vous sur son site : www.yathalmann.ch/
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Yves-Alexandre Thalmann est diplômé de psychologie à l’université de Fribourg en Suisse.








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